jeudi, mars 22, 2007

La demoiselle sans mains

Un meunier travaillait au moulin de son village depuis aussi longtemps que l’on puisse se souvenir. Il travaillait fort, faisant tourner le moulin à la main et transformant le grain en farine. Avec cet honnête travail, il faisait sa contribution à la vie du village. De temps en temps, un ou deux animaux l’aidaient à accomplir le dur labeur. Un jour, le diable apparut et lui dit : Moyennant un tribut, je te montrerai comment moudre le grain avec beaucoup moins d’effort et beaucoup plus vite.

Le meunier supposa que le diable demanderait le vieil arbre qui se trouvait derrière le moulin et conclut immédiatement l’accord avec lui.

Le diable connecta alors le moulin à une roue qui utilisait l’énergie de la rivière pour le faire tourner plus vite. Le meunier se mit à produire beaucoup de farine qu’auparavant avec beaucoup moins d’effort ce qui le mit de fort bonne humeur, d’autant plus que dorénavant il avait plus de temps libre. Sa femme était occupée avec la comptabilité de la nouvelle entreprise. Quant à la fille du meunier, elle n »était pas concernée par tous ces changements et continuait à mener sa vie, innocente.

Mais le meunier avait oublié qu’il y avait un prix à payer pour tous ces avancements. Ainsi, le diable apparut pour toucher son dû. Le meunier se dirigea vers l’arbre pour l’abattre et le donner au diable mais il fut horrifié lorsqu’il aperçut sa fille assise en dessous. Alors, le diable changea d’idée et demanda la fille comme prix. Le meunier ne voulait pas la lui céder mais séduit parle gain de son moulin, finit par acquiescer. Le diable coupa alors les mains de la fille et les emporta avec lui.

Pendant quelque temps, la fille ne se plaignit de rien. Après tout, il y avait assez de serviteurs à la maison pour s’occuper de tout et elle n’avait pas besoin de faire quoi que ce soit de ses mains. Quand enfin la fille osa se plaindre de sa condition, la mère répliqua qu’elle n’avait besoin de rien faire. La fille goba cette explication. À quoi bon des mains –pensa-t-elle- si tout était déjà fait par d,autres mains?

La vie de la famille se poursuivit mais la fille devenait de plus en plus malheureuse et stressée. Sa vie mécanique lui apparaissait de moins en moins acceptable. Elle commença à pleurer et bientôt ne put plus s’arrêter. Alors se réveilla la sagesse innée à tout féminin et suivant son instinct, elle se leva et partit, toute seule, dans la forêt où elle resta calme et tranquille. Elle avait faim, était piquée par des insectes et n’avait pas de mains pour se nourrir. Mais elle se sentait à la maison dans la solitude apaisante de la forêt.

Par chance elle arriva dans un jardin, le jardin du roi. Mais pour l’atteindre elle devait traverser un marais, ce qu’elle fit péniblement, en s’aidant de toutes ses forces.

Dans le jardin il y avait un poirier que le roi affectionnait beaucoup Chaque poire portait un numéro et une étiquette. La fille s’arrangea du mieux qu’elle put pour manger une poire. Elle mangea une poire par jour et réussit ainsi à rester en vie. Bientôt, le jardinier du roi remarqua que les poires disparaissaient et en fit rapport au souverain. Pour découvrir le malfaiteur, celui-ci se cacha dans le jardin et attendit. C’est alors qu’il fut témoin de la tâche pénible à laquelle se livrait le jeune fille pour se nourrir et tomba immédiatement amoureux d’elle,

L’ayant épousée, le roi lui fit cadeau d’une paire de mains en argent et fit d’elle sa reine, la présentant à la cour avec ses nouvelles mains argentées.

Avec le temps, la reine mit au monde un garçon. Mais un jour, elle commença à pleurer et ne put s’arrêter car elle voulait prendre soin de son bébé avec ses mains qu’elle n’avait pas et cette fois-ci, la logique du roi ne put pas s’imposer et elle continua a verser des larmes, une mer de larmes salées.

Elle partit alors, et emmena son fils dans la solitude de la forêt. De la même façon qu’elle s’était déjà sauvée une fois, elle se sauva cette fois-ci de la domination plus subtile mais non moins dangereuse du roi. Le roi était terrifié à l’idée de perdre sa femme parce qu’il l’aimait vraiment mais son amour avait été unilatéral et était devenu une prison pour elle.

Mais voilà qu’un événement tragique se produisit. En effet, le bébé tomba dans la rivière et elle vit avec horreur qu’il se noierait si on ne faisait rien immédiatement. Elle appela au secours mais personne n’accourut. Alors, elle plongea ses mains d’argent dans l’eau et sauva l’enfant. Et c’est à ce moment-là que le miracle se produisit. Elle avait retrouvé ses mains.

mercredi, mars 14, 2007

Conte Soufi


À une goutte de sperme qui ne possédait ni ouie, ni intelligence, ni esprit, ni vue, ni attribut royal, ni attribut d'escalve; qui ne connaissait ni chagrin, ni joie, ni supériorité, ni infériorité, Dieu a donné un abri dans la matrice. Puis il a transformé cette eau en sang et ce sang en chair, et dans le sein maternel où il n'avait ni mains, ni outillage, il a créé les fenêtres de la bouche, des yeux et des oreilles il a façonné la langue et le gosier, et le trésor de la poitrine ou il a mis un coeur qui est à la fois une goutte, un monde, une perle, un esclave et un roi.

Quelle intelligence peut comprendre qu'il nous ait amenés de cet état ténébreux et ignorant jusqu'à la lumière du jour où nous vivons?

Et Dieu a dit: As-tu vu, as-tu entendu d'où je vous ai amenés et jusqu'où? Maintenant encore je te dis que je ne te laisserai pas ici non plus. Au-delà de ces jours et ces nuits où tu vis je t'emmènerai en un lieu très doux que tu ne peux imaginer ni te représenter. Et si tu ne le crois pas, réfléchis un instant. Comment cette goutte de sperme aurait-elle pu te croire si tu lui avais dis: Dieu a créé un monde au-delà de ton univers de ténèbres, un monde où il y a un ciel, un soleil, un clair de lune, des provinces, des villes, des jardins: où il existe des créatrures parmi lesquelles sont des rois, des riches, des gens en bonne santé, des malades des aveugles?



Tiré d'un recueil de contes soufis. Posté par Suzanne


dimanche, mars 04, 2007

Chers amis du Cercle Ouroboros.

Voici le conte que nous étudierons samedi prochain: Le roi pêcheur. Il existe plusieurs versions de ce conte, bien entendu, toutes plus ou moins insipirées des récits médiévaux mettant en scène Arthur et ses comparses, les chevaliers de la table ronde.
Voici un lien où vous trouverez une autre version, plus longue, de la deuxième partie du conte.

http://site.latableronde.free.fr/Archives_LTRH.html

Et je vous invite également à approfondir vos recherches et à partarger vos trouvailles avec le groupe.

La version que vous lirez ici, est une traduction libre de celle utilisée par Robert Johnson. Mon but était de lui rester fidèle.
Bonne lecture

Le roi pêcheur

Le jeune prince Amfortas se promène seul dans le bois lorsqu’il aperçoit un saumon qui rôtit sur la braise et comme il a faim, il s’en approche pour le manger. Le saumon est très chaud et lui brûle les doigts de sorte qu’il doit le lâcher. Afin d’alléger sa blessure, il se porte les doigts à la bouche et goûte un tout petit morceau de poisson. Mais les blessures sont tellement profondes qu’elles le condamnent à souffrir pour le restant de ses jours, sauf les trois derniers. Cet épisode laisse le jeune prince froid et le prive de sa chaleur. Il s’éloigne à cheval, brandissant un drapeau sur lequel on peut lire le mot Amour.

Mais voilà qu’en sens contraire arrive le chevalier paien des terres sacrées et Amfortas se prépare à livrer bataille. Les deux s’affrontent et se blessent. Le roi paien est tué mais avant de mourir il réussit à blesser Amfortas en lui enfonçant son javelot dans l’aine. L’agonie du roi commence alors. Il est trop malade pour vivre mais pas assez pour mourir. Le roi est impuissant. Il souffre tellement qu’il est incapable de se tenir droit et de mener à bien les tâches de sa fonction comme souverain. Une seule chose le soulage de sa souffrance : la pêche. Quand il est à la pêche il a l’impression de souffrir moins. Sinon, il passe ses journées étendu sur son lit, souffrant. Or, le château du roi pêcheur renferme le Graal. Tous les soirs, une procession de demoiselles vient dans la salle à manger apportant le pain, la lance, le plateau et la coupe, le tout servant à nourrir les convives. Mais le roi est incapable de se nourrir à cause de sa blessure. C’est Perceval, un bouffon portant le chiffon de sa mère, qui lui apportera le soulagement. En effet, il se promène un jour aux alentours du château royal et aperçoit le roi dans sa barque en train de pêcher. Comme il n’y a pas d’abri à moins de 30 miles, le roi invite Perceval à passer la nuit au château qui se trouve –lui di-il- en descendant la côte et un petit peu à gauche, après le pont. Perceval suit les instructions et arrive au château où il est reçu et conduit à la salle à manger. Il est témoin alors de la cérémonie qui s’y déroule. Il voit émerveillé comment tous se nourrissent sauf le roi. Mais Perceval ne pose pas la question qu’il est censé poser : Qui sert le Graal? Par conséquent, le roi ne peut pas jouir de la boisson miraculeuse qui pourrait le sauver. Perceval passe la nuit au château. Le lendemain, au réveil in enfourche son cheval et quitte les lieux en faisant le chemin inverse. Selon le mythe, il passe les 20 années suivantes à tuer des dragons, à sauver des demoiselles en danger, à assiéger les châteaux avant d’avoir une deuxième chance de visiter le château du Graal.

Un jour Perceval se promène sur les lieux comme jadis. En chemin, il croise quelques pèlerins qui lui demandent pourquoi il porte une armure alors que le roi vient de mourir, Les pèlerins l’amènent chez un ermite qui n’habite pas trop loin. Perceval se rappelle immédiatement qu’autrefois, il n’a pas été capable de soulager la blessure du roi car il a mis de poser la bonne question. L’ermite lui donne alors à nouveau les directions pour se rendre au château, exactement les mêmes que 20 ans auparavant!.

Perceval refait le chemin et se trouve bientôt dans la salle où ont lieu les miracles. Cette fois-ci il pose la question cruciale : Qui sert le Graal? Et immédiatement, il obtient la réponse tant attendue : Le Graal sert le roi du Graal. À ce moment précis, le roi pêcheur est guéri. Mais il meurt trois jours plus tard, comme l’annonçait le début du conte.


dimanche, février 11, 2007

Et le poème que je vous ai lu en tout début d'atelier

Le chemin du retour

Par le chemin du retour

Je rentre chez moi

Je viens boire à la profondeur du puits

Qui ne sait rien des mensonges

À bout de bras

La terre porte mes pas erratiques

Me déposant au seuil de ma peur

La porte est entr’ouverte

Devant moi avance le silence

J’emmène mes os

Des morceaux de phalanges

Rescapées au massacre

Miracle

Je suis en vie

Dame Mort n’a pas réussi à me tuer

J’emmène ma peau alambiquée

Par tant de chagrins

Et mon corps fragmenté

Recouvert d’un linceul

La nuit avance avec moi

Compagnon de route

Je ne connais pas cette demeure

mais elle me reconnaît

J’emmène la mémoire de mes deuils

Bien rangés dans mon bagage

Et les nuits extatiques

Enfermées dans le souvenir

J’emmène mes mains taciturnes

Et mes pieds tachés de sang

Et j’emmène aussi mes rêves qui ont cessé de rêver

Je ne sais pas où je suis mais j’y suis

Enfin

Là ou rien ne se perd

Là où tout devient autre

Soigneusement je dépose les bribes de moi-même

En guise d’offrande, sur les cendres

Et j’attends…

J’attends que mon âme vienne

Par la porte entr’ouverte

à ma rencontre.

Flavia Garcia

10 février 2007

La llorona

Chers amis et chères amies du Cercle Ouroboros

Voici, tel que promis, le conte La llorona que nous explorerons samedi prochain à l'atelier.
Bonne lecture

Un riche hidalgo courtise une femme très belle mais pauvre et obtient ses faveurs. Elle lui donne deux fils sans qu'il daigne l'épouser. Un jour, il lui annonce qu'il rentre en Espagne pour s'y marier avec une femme riche choisie par sa famille et qu'il y emmène ses fils avec lui.
Véritablemente folle de douleur, la jeune femme se comporte comme toutes celles qui se trouvent dans cet état et hurlent leur souffrance. Elle se griffe le visage, se jette sur lui, se lacère, se lacère. Puis, elle prend avec elle ses deux petits garçons et court vers la rivière, dans laquelle elle les précipite. Les enfants se noient et La Llorona s'effondre sur la rive, où elle meurt de chagrin. L'hidalgo rentre en Espagne et épouse la femme riche. L'âme de La Llorona monte au paradis. Là, on lui dit à la porte qu'elle peut entrer au paradis car elle a souffert, mais pas avant qu'elle ait récupéré l'âme des deux enfants dans la rivière. C'est pourquoi l'on dit aujourd'hui que La Llorona, la femme qui pleure, balaie la rive de ses longs cheveux, plonge ses longs doigts dans l'eau pour sonder le fond à la recherche de ses fils. C'est aussi la raison pour laquelle les petits enfants ne doivent pas aller se promener sur le bord de l'eau après la tombée de la nuit, car La Llorona pourrait les prendre pour ses propres enfants et les emmener à tout jamais.

P. 412 Femmes qui courent avec les loups

samedi, février 03, 2007

Le coquillage (par Flavia Garcia)

Entre ciel et mer

Entre brume et lait

Au détour du hasard

Je te trouve

Coquillage solitaire

Épave échouée

Sur les vestiges de moi-même

Tu viens de loin

Remontant la lignée

Des ancêtres incertains

Poussé de siècle en siècle

Par les détonations successives des vagues

Entre jour et nuit

Entre mer et sable

Tu gis

Je viens dévoiler le secret de ton âme

Je t’observe, je fais le tour

De ta beauté imparfaite

J’ai peur que tu me files

Encore entre les rêves

Si j’ose humer la tendresse diaphane

Enfouie dans ta chair humide

Si j’ose te prendre dans la paume de mes yeux

Entre nuit et réveil

Entre sable et lumière

Splendeur conique

Lueur nocturne

Tu déploies tes rondeurs incessantes

A fond je respire ta salive saline

Je bois à toi

Effaçant une à une les traces

Du passé

Imprimées sur ta coquille

Puis, je te dépose

Au bout de tes larmes

Libre

Tu roules sur tes saillies

Épousant la rondeur

Liquide du néant

Et les flots t’emportent

Là ou l’infini et le monde

Ne font qu’un

Il fait déjà nuit

Je saurai retrouver

Le chemin du retour

Dans cette blanche noirceur marine



Flavia GArcia

À propos du Cercle Ouroboros (par Yves Roberge)

Bien que le Cercle ne constitue pas un lieu de thérapie, je trouve la démarche très positive en ce qu'elle permet de se distancier de sa pensée (dans le sens de 'mind'), de la considérer de l'extérieur comme un objet distinct, ou plutôt un assemblage d'objets distincts. Ce qui contribue à dédramatiser bien des éléments de la personnalité. Par contre, pour certaines personnes, il pourrait y avoir une tendance à s'ancrer dans une dialectique, sans jamais s'incarner dans leur moi unique, le "je" en le projetant toujours dans une pensée analytique. Je pense, et c'est un point de vue très personnel, qu'il est aussi important de vivre des moments de drame entier, amour, passion, création, défaite, exploration, où l'on est tout entier absorbé par l'immensité des choses (même des petites choses).
Et voilà, c'était juste une petite pensée mais je crois que le processus du Cercle est très très posititif et la chimie des gens, ces jours-ci, chevauche la science et la poésie avec une aisance peu commune.

Yves Roberge
En forêt
(par Yves Dion)

En forêt, à la belle étoile, on ne voit pas venir la nuit même jusqu'à 22:00 heures et davantage, on dirait qu'il reste toujours une lueur étonnamment forte jusqu'à ce qu'on doive allumer une allumette ou une lampe de poche et alors la nuit nous enveloppe avec une telle profondeur, avec une telle soudaineté, comme un manteau de velours qu'on nous jetterait sur les yeux. Sur le coup, cette noirceur est si riche qu'on croirait qu'on ne pourrait voir notre main au bout de notre bras. La noirceur est comme un voile et fait penser au noir profond du café dans la tasse. Petit à petit, le mur s'éloigne et les formes et les lueurs des objets se dévoilent un peu. La nuit est omniprésente et gigantesque, gigantesque à la mesure de notre imagination qui tente de deviner ce qu'il peut y avoir au-delà de ce voile et au delà de l'espace impénétrable. La lumière forme une bulle et on ne voit les choses qu’à la pièce, l’ensemble ne reste qu’à notre seule compréhension, qu’à notre seule interprétation, qu’à notre conceptualisation, qu’à notre seul souvenir. La réalité pourrait donc être toute autre que ce qu’on en pense, que ce qu’on en a retenu. Notre bulle est à la fois rassurante, familière, inquiétante et angoissante parce que limitée, ce qu’on y voit nous rassure. Alors, vaut-il mieux une faible lueur ou un fort éclairage ? Même le fort éclairage ne nous est pas d’un grand secours, il ne fait que repousser illusoirement l’insondable. Au-delà, l’espace invisible est à la fois tout aussi beau et effrayant parce que tout s’y trouve, tout ce qu’on y met. Avec une allumette, l’ombre est immense et belle, l’ombre n’est ni annihilée ni réduite, elle ne fait que se déplacer avec nos pas, s’ouvre et se referme sur nous, nous enveloppe de sa protection et de son silence ou encore nous enserre, c’est selon.

Alors, on ne va pas éclairer l’insaisissable, on va délimiter notre vision, choisir un endroit où regarder, choisir aussi la portée de notre regard en sachant que peu importe notre prétention à tenter de repousser les limites de notre vision, la profondeur de la nuit est sans limite et porteuse de tous les possibles, de tous les espoirs et de toutes les inquiétudes.


Yves Dion

vendredi, décembre 08, 2006


Hymnes homériques


A Dionysos
Je ferai souvenir de Dionysos, fils de l'illustre Sémélè, quand il apparut au rivage de la mer stérile, sur un promontoire avancé, semblable à un jeune homme dans la première adolescence. Ses beaux cheveux bleus flottaient, et il avait un manteau pourpré autour de ses épaules robustes.Voici que, dans leurs nefs aux solides bancs de rameurs, des pirates Tyrrhéniens arrivèrent rapidement sur la noire mer, et une destinée mauvaise les amenait.Ayant vu Dionysos, ils se firent signe les uns aux autres, et, sautant à terre, ils le saisirent et le déposèrent dans la nef en se réjouissant dans leur coeur. Ils pensaient que c'était un fils de Rois nourrissons de Zeus, et ils voulurent le charger de lourds liens. Mais les liens ne le retinrent pas, et les branches d'osier tombèrent de ses pieds et de ses mains, et il s'assit, souriant de ses yeux bleus. Et dès que le pilote l'eut vu, il commanda aussitôt à ses compagnons et il leur dit :- Insensés ! Quel est ce Dieu puissant que vous avez saisi et lié ? La nef bien construite ne peut le porter. En effet, c'est Zeus, ou Apollon à l'arc d'argent, ou Poseidaôn ; car ce n'est pas aux hommes mortels qu'il est semblable, mais aux Dieux qui ont des demeures Olympiennes. Allons ! Déposons-le aussitôt sur la noire terre ferme, et ne portez pas les mains sur lui, de peur qu'il soulève les vents accablants et un vaste tourbillon.Il parla ainsi, et le chef le réprimanda par cette rude parole :- Malheureux ! Fais attention au vent propice et sers-toi de la voile et de tous les agrès de la nef à la fois. Nos hommes s'occuperont ensuite de celui-ci. J'espère qu'il arrivera en Aigyptiè, ou à Kypros, ou chez les Hyperboréens, ou plus loin encore, et qu'il nous dira enfin quels sont ses amis et ses richesses et ses parents, puisqu'un Dieu nous l'a envoyé.Ayant ainsi parlé, il dressa le mât et tendit la voile de la nef, et le vent gonfla la voile par le milieu, et ils apprêtèrent tous les agrès. Mais, aussitôt, des prodiges leur apparurent.Et voici d'abord qu'un vin doux, et répandant une odeur divine, coula par la nef noire et rapide, et les marins, l'ayant vu, furent saisis de stupeur.Et, aussitôt après, jusqu'au haut de la voile, une vigne se déploya çà et là, et de nombreuses grappes en pendaient. Et un lierre noir s'enroulait au mât, et il était couvert de fleurs, et de beaux fruits y naissaient. Et toutes les chevilles des avirons avaient des couronnes. Et les marins, ayant vu cela, ordonnèrent au pilote Médeidè de revenir à terre.Cependant, voici que Dionysos leur apparut en lion terrible sur la nef ; et il rugissait violemment. Puis Dionysos, manifestant ses signes, créa une ourse au cou hérissé qui se leva furieuse, tandis que le lion, au bout du pont, lançait des regards horribles. Alors, les marins s'enfuirent à la poupe, autour du pilote plein de sagesse, et ils s'y arrêtèrent épouvantés. Et le lion bondit et saisit le chef ; et tous, pour éviter la noire destinée, sautèrent tous ensemble dans la mer divine, où ils devinrent dauphins. Mais Dionysos eut pitié du pilote, et il le rendit très heureux, et il lui dit :- Rassure-toi, divin pilote, cher à mon coeur. Je suis le bruyant Dionysos qu'a enfanté une mère Kadméide, Sémélè, s'étant unie d'amour à Zeus.Salut, fils de Sémélè aux beaux yeux ! Il ne serait point permis à qui t'oublierait d'orner son doux chant.
Traduction de Leconte de Lisle (1868)

vendredi, décembre 01, 2006


Chers Ouroboriens, en préparation pour l'atelier de demain, ce site vous racontera comment Persée, aidé par Athéna tua la gorgone Méduse.

http://duguesclin.free.fr/Mythologie_grecque/page/Persee.htm

Quand Athéna surprit Méduse en train de s'unir à Poséidon dans son temple, elle la punit sévèrement en la rendant hideuse. Elle couvrit ses cheuveux de serpents et fit en sorte que quiconque s'approchât d'elle fut pétrifié sur le champ, par son regard.
Depuis lors, Méduse est l'ennemie jurée de notre implacable déesse.
Et ce n'est que lorsque Persée lui arrache la tête pour la ramener à Athéna que la déesse pourra se réconcilier avec son ombre féminine. Dorénavant, elle la portera comme une emblème sur sa poitrine.
Plus demain...

Flavia

jeudi, novembre 30, 2006

Au programme cette semaine: ATHÉNA

Voici quelques propos de Walter Otto qui nous donnent une idée de la nature de cette déesse.
Le vingt-huitième Hymne homérique donne une image vraiment grandiose de sa nature et de sa première apparition parmi les dieux: "C'est Pallas Athéna que je veux chanter, la déesse magnifique, la déesse aux yeux de chouette, la bien-avisée, l'impitoyable, la vierge pure, la tutélaire, la vaillante(...), que Zeus lui-même, le maître de sagesse, a fait naître de sa tête sacrée, tout armée d'or scintillant. Tous les dieux s'effrayèrent à sa vue, quand devant Zeus porte-égide elle sortit de la tête immortelle brandissant le javelot pointu. La violence de la déesse fit trembler le grand Olympe, gronder profondément la terre alentour et gonfler en tumulte la mer dans le soulèvement de vagues au sombre éclat. Le flot salé s'abattit sur le rivage...
Et plus loin...
La véritable Athéna n'est pas plus un être sauvage qu'un être de contemplation. Ces deux natures lui sont également étrangères. Sa volonté de combattre n'obéit pas à une impulsion de mort. La clarté de son esprit n'est pas une raison pure. Elle témoigne pour un monde de l'action non pas irréfléchie et brutale, mais méditée, et qui, par la clarté de sa maîtrise, mène à la victoire de la manière la plus sûre.

On aura tellement plus à dire sur elle samedi!!!
D'ici là, je vous posterai tout ce qui me semblera intéressant à son propos.
Flavia


jeudi, novembre 23, 2006

L'image d'Apollon comme "celui qui frappe au loin" manifeste une idée unique. Son contenu n'appartient pas au domaine élémentaire des besoins vitaux. La comparaison que l'on aime tant faire avec les formes primitives de la croyance sont totalement dénuées d'intérêt.
(Rappelons qu'Apollon règne sur l'oracle de Delphes). Ici, c'est une puissance spirituelle qui fait entendre sa voix. Elle a suffisamment de sens pour donner forme à toute une humanité. Elle annonce la présence du divin, non dans les miracles d'une force surnaturelle, ni dans la sévérité d'une justice absolue, ni dans la sollicitude d'un amour infini, mais dans le rayonnement vainqueur de la clarté, dans le règne plein de sens de l'ordre et de la juste mesure. Clarté et figure sont l'objectif auquel correspond, du côté du sujet, la distance et la liberté. C'est dans ce maintien qu'Apollon se manifeste au monde des hommes. Sa divinité s'y exprime, claire, libre, lumineuse et pénétrante.
W. Otto Les dieux de la Grèce


À la demande d'Yves R.

Enjoy it!

lundi, novembre 20, 2006


Quelle belle image d'Apollon! Le plus important de tous les dieux grecs, dieu solaire, dieu de la raison, de la logique et de l'ordre.
C'est agréable de travailler sur ce dieu après avoir passé quelques semaines dans les profondeurs.
Place à la lumière!

jeudi, novembre 16, 2006

Que dire de cette mystérieuse déeesse ?
À quel moment fait-elle son apparition dans nos vies?

Elle se trouve à la jonction des chemins et son regard se porte en trois directions: passé/présent/futur, monde céleste/monde terrestre/monde souterrain. Son chiffre est le trois. Les animaux qui l'accompagnent sont les triades chien/lion/ours ou chien/cheval/serpent. Proche d'Hermès (selon certains récits mythologiques ils auraient été amants) Hécate sera présente dans tous les moments de la vie où un passage s'impose. Petit avant-goût plus que prometteur. Nous poursuivrons samedi...

lundi, novembre 13, 2006

CONFÉRENCE: James Hollis
FINDING MEANING IN THE SECOND HALF OF LIFE

Vendredi 17 novembre, à 19h. 30

De Sève Auditorium. McConnel Library Building. Concordia University.
1400 De Maisonneuve est

10$ membres
15 $ non membres

vendredi, novembre 10, 2006

Chers Ouroboriens

Il sera question de ce texte demain. Apollon et Hermès s'échangent des cadeaux. Bonne lecture

Hermès et Apollon

« Ensuite Hermès pénétra dans l’antre de pierre, et ramena au jour les vaches aux têtes puissantes; le fils de Léto, qui regardait de loin, aperçut les peaux de vache sur une haute pierre, et demande bientôt à l’illustre Hermès :
Comment as-tu pu, tête rusée, égorger deux vaches, toi, un enfant qui vient de naître? Je suis moi-même étonné de ta force, qui m’effraie pour plus tard : il ne faut pas te laisser longtemps grandir, fils de Maia, dieu du Cyllène!
En parlant ainsi, il lui attachait les bras avec des liens solides –des branches de gattilier; celles-ci, sous ses pieds, prenaient aussitôt racine en terre, à l’endroit même, en s’enchevêtrant les unes dans les autres, et gagnèrent facilement, selon le dessein du subtil Hermès, toutes les vaches agrestes : Apollon considérait le prodige avec étonnement. »

« Dans sa joie, Phoibos Apollon se mit à rire : les accents séduisants de cette voix divine allèrent au fond de son cœur, et le doux désir s’empara de son âme, pendant qu’il écoutait… Apollon sentit un désir invincible lui soulever la poitrine; il prit la parole, et tint ces propos ailés : Tueur de vaches, travailleur à l’esprit ingénieux, compagnons de festins, cet objet de tes soins vaut bien cinquante vaches! Je pense que notre différend se règlera, rusé fils de Maia : est-ce depuis ta naissance que ces dons merveilleux te sont attachés, ou bien quelqu’un des Immortels ou des hommes mortels t’a-t-il fait ce superbe présent, et enseignée le chant divin? J’écoute cette voix admirable et nouvelle… Quel est cet art? Cette inspiration qui apaise les soucis inéluctables? Quel chemin y conduit? Il contient vraiment trois plaisirs à la fois : gaieté, amour et doux sommeil… J’admire, fils de Maia, ta grâce à jouer de la cithare… »

Hermès lui répondit par ces paroles rusées :
« Tu es fort habile dans tes demandes, Dieu Archer : moi, je ne refuse pas de t’initier à cet art, qui est le mien. Tu le sauras aujourd’hui même : je veux bien te favoriser dans mes desseins et mes propos : mais toi, tu sais tout dans ton esprit. Tu sièges au premier rang parmi les Immortels, fils de Zeus; tu es vaillant et fort; le prudent Zeus te chérit –ce n’est que justice- et t’a concédé des dons éclatants… libre à toi d’apprendre cet art à quoi tu rêves! Hé bien! Puisque ton cœur te pousse à jouer de la cithare, chante, joues-en, sois tout à ce plaisir que tu reçois de moi : mais alors, mon ami, donne-moi la gloire… Je sais même te donner cette lyre, noble fils de Zeus; alors nous, ô Archer, nous ferons paître des bœufs agrestes sur la montagne, et dans la plaine qui nourrit les chevaux. C’set là que les vaches, s’accouplant aux taureaux, donneront quantité de mâles et de femelles tout à la fois : toi qui aimes ton profit, tu ne dois pas rester violemment irrité!

À ces mots, il lui tendit la cithare; Phoibos Apollon l’accepta, puis il donna séance tenante à Hermès un fouet brillant, et lui confia la garde du troupeau : le fils de Maia reçut ces faveurs avec joie. Tenant la cithare à sa gauche, le noble fils de Léto, Apollon, le Seigneur Archer, en éprouvait les cordes avec un plectre, selon la mélodie; et la lyre, sous ses doigts, rendit un son formidable… »

Tiré de R. Lopez Pedraza, Hermès et ses enfants



Bonsoir Ouroboriens

Voici la référence du livre que j'utiliserai pour l'atelier de samedi
Rafael Lopez Pedraza: Hermès et ses enfants

Puis, l'article de Murray Stein que vous trouverez ici http://www.jungatlanta.com/hermes.html

À +
flavia

mercredi, novembre 08, 2006

Chers amis du Cercle Ouroboros

Voilà, en gros, ce quil faut savoir à propos d'Hermès en préparation pour la rencontre de samedi. Bonne lecture.

Hermès, né en Arcadie, jouira d'une grande popularité dans cette région. A l'origine dieu du Négoce et père des Lares, il deviendra le gardien des routes, des voyageurs, des commerçants, des voleurs et le messager des autres dieux. C'est le fils de Zeus et de Maïa, la fille du titan Atlas.Il guidera les Ombres jusque chez Hadès et portera chance. Il sera souvent représenté sous la forme d'un jeune homme, coiffé d'un chapeau ailé à larges bords, portant de sandales également ailées. Il tiendra l'insigne du héraut, le caducée, baguette entourée des deux serpents qu'ils avaient séparés avec son bâton entre eux alors qu'ils s'opposaient. Il sera également le patron des voleurs et des marchands et le dieu des voyageurs. A ce titre, il débarrassera les routes des pierres. Ce travail donnera naissance de nombreux monuments érigés le long des routes, les "hermès". Leur culte sera associé à celui du phallus, car Hermès était également un dieu de la fertilité. Les "hermès" ne seront, à l'origine, que de simples amoncellements de pierres autour d'un pilier de section carrée . Ils seront ensuite surmontés d'une tête et ornés d'un phallus. Ces monuments, plus élaborés, orneront les rues des cités, les cours et les gymnases. La statue du dieu Hermès, adoré des sportifs, sera souvent érigée sur les terrains de sport, sous la forme d'un jeune athlète (éphèbos). Sa naissance est racontée dans "L'Hymne à Hermès" datant de l'époque homérique. Zeus fréquentait assidûment la Nymphe Maia, fille d'Atlas et de Pleioné, dans une grotte du mont Cyllène, tandis qu'Héra était endormie. Il lui donnera un fils du nom d'Hermès, né aux premières lueurs du jour. L'enfant sortira seul de la grotte à midi et trouvera une tortue qu'il tuera pour confectionner la première lyre. Il lui faudra plusieurs vaches ou moutons pour confectionner les cordes. Il se rendra en Macédoine, dans la soirée, et volera cinquante vaches du troupeau d'Apollon en visite chez Hyménaeos, le fils de Magnés. Les animaux seront traînés par la queue jusqu'à Pylos, dans le Péloponnèse, près de la rivière Alphée. Il brouillera la piste, en attachant du feuillage à ses pieds, et sacrifiera en chemin deux animaux aux douze dieux de l'Olympe, sans toutefois les consommer. Il brûlera les têtes et les sabots pour supprimer les traces de son forfait, cachera le reste du troupeau et jettera les feuillages de ses sandales dans la rivière. Il retournera alors dans son berceau. Apollon, prévenu par Battos qui sera plus tard pétrifié par Hermès, interrogera l'enfant qui niera même connaître le mot vache. Apollon le fera comparaître devant le tribunal de Zeus. Il dérobera, au cours de son explication, l'arc et le carquois d'Apollon qui avait le dos tourné. Zeus, l'ayant vu faire, lui ordonnera de restituer le bétail. Hermès rendra l'arc et le carquois, montrera l'endroit où les vaches étaient dissimulées, puis jouera de la lyre. Apollon oubliera les vols en échange de l'instrument et deviendra l'ami d'Hermès. Il fera de lui le protecteur des bergers et lui enseignera l'art de prévoir l'avenir à l'aide de petits cailloux. Il lui offrira son bâton (en grec : kerykeion - en latin : caduceus) comme marque de pouvoirs. Hermès est le protecteur des troupeaux (nomios) lorsqu'il est représenté portant un bélier sur les épaules. Hermès devra amadouer Héra qui maltraitait les enfants illégitimes de son mari. Il s'emmaillotera à nouveau dans ses langes - certains prétendent qu'il prendra la forme d'Arès, le fils d'Héra - et tétera le sein de la femme de Zeus. La nourrice traitera alors Hermès comme son fils. Hermès sauvera ensuite Dionysos, encore enfant, de la colère d'Héra. Le nom d'Hermès apparaît souvent dans la mythologie grecque. Il soustraira Io à la garde d'Argos "aux nombreux yeux" pour lui permettre d'exprimer son amour pour Zeus. On lui attribuera alors son surnom d'Argéiphontes, le meurtrier d'Argos. Hermès viendra au secours d'Arès, emprisonné dans une jarre par les Aloades, et accompagnera Zeus dans ses voyages à travers le monde. Ils rendront ainsi visite à Lycaon, puis à Philémon et Bauds. Il organisera le concours de beauté entre Héra, Athèna et Aphrodite, arbitré par Pâris, et escortera Priam qui réclamait le corps de son fils, Hector, auprès d'Achille. Il aidera Ulysse à éluder les artifices de Circé et de Calypso. Hermès, accompagné d'Aegipan, reprendra, dans une grotte en Cilicie protégée par le serpent Delphyné, les tendons de Zeus coupés et dérobés par Typhon. Hermès, associé aux Enfers, accompagnera les Ombres des mortels jusqu'au Styx, que Charon leur fera traverser. Il prendra alors le nom de Psychopompos, le conducteur des âmes. Il aidera Héraclès quand celui-ci cherchera Cerbère. Zeus l'enverra chez Hadès demander le retour de Perséphone. Hermès raccompagnera Orphée chez Hadès, lorsqu'elle perdra son droit à ramener Eurydicé parmi les vivants. Hermès aura de nombreuses liaisons amoureuses. Il donnera naissance à Hermaphrodite et Priape en séduisant Aphrodite. Celle-ci succombera à son charme après avoir été dépouillée de l'une des sandales d'or par un aigle envoyé par Zeus (qui voulait aider son fils) alors qu'elle se baignait dans le fleuve Achéloos. Hermès offrira de lui rendre la sandale en échange de ses faveurs. Il engendrera Pan d'une Nymphe ou de Pénélope, la fille de Dryops et Daphnis. Il tombera amoureux de nombreuses mortelles, dont Hersé, la fille de Cécrops qui lui donnera Céphale. Hermès transformera en pierre Aglauros, la soeur protectrice d'Hersé. Il aimera Apémosyné, qui courrait trop vite lui. Il la fera glisser en déposant des peaux de bêtes sur son chemin. Son frère Althaeménès la battra à mort à coups de pied lorsqu'il découvrira qu'elle était enceinte.

lundi, novembre 06, 2006


LE DIVIN HERMÈS HONORE SES PARENTS

Les caractéristiques essentielles d'Hermès, dieu si évanescent, apparaissent d'emblée dans son premier exploit. Le jour de sa naissance dans une grotte d'Arcadie, "franchissant le seuil de l'antre élevé... il trouva une tortue, qui lui procura des jouissances sans nombre: Hermès sut le premier fabriquer un instrument de musique avec la tortue". Aprèes voir tué l'animal, il fit, avec beaucoup d'ingéniosité, une cithare de sa carapace. Cela ne serait pas d'un grand intérêt pour la psychologie si l'histoire ne nous disait pas que le dieu chanta, avec cette cithare, le premier de tous les chants:
... et sous ses doigts la cithare rendait un son formidable, qui d'une belle voix soutenait ses accords, s'essayait à improviser -comme les jeunes gens, à l'âge viril, font assaut de railleries dans un festin; il chantait Zeus le Cronide et Maia aux belles sandales, et disait comment ils d'unissaient naguère en une liaison d'amour: c'était là glorifier son illustre naissance. Il célébrait aussi les suivantes et la superbe demeure de la Nymphe, les trépieds de la maison et ses chaudrons durables..."
Hymne à Hermès cité dans R. Lopez Pedraza Hermès et ses enfants dans la psychotérapie